Le thème de l’insécurité a gagné en importance en France. Près de 60% des Français déclarent ne pas se sentir en sécurité. Le niveau de la délinquance se classe parmi les cinq principales préoccupations des Français et la sécurité figure parmi les quatre thèmes qui comptent le plus pour les Français au moment de voter.
L’insécurité touche plus particulièrement les femmes, soumises à plus de harcèlement et de violences que les hommes, ainsi que certains quartiers des grandes villes françaises, souvent ceux concernés par le trafic de drogues et les bandes organisées.
Mais le milieu rural n’est pas épargné. En Ariège, l’évolution générale de la délinquance pour 2023 est globalement stable, avec une augmentation de 1,87% des faits constatés, mais dans certains territoires, l’insécurité devient un problème majeur auquel il faut rapidement apporter des réponses politiques d’envergure.
Le sentiment d’insécurité, réel ou supposé, conduit trop souvent à l’abstention ou à un refuge vers l’extrême droite. La droite bénéficie d’une bonne image dans ce domaine alors qu’elle supprime les effectifs de fonctionnaires et des moyens lorsqu’elle est aux responsabilité. Le Parti Socialiste est encore accusé de laxisme alors qu’il apporté de nombreuses réponses (police de proximité, coproduction de sécurité, capacité à faire face à la vague terroriste lors du quinquennat de François Hollande, action de ses élus locaux qui ont tenu bon dans la tourmente des violences urbaines).
Pour retrouver la confiance de citoyen-nes, le Parti Socialiste doit avoir des propositions ambitieuses dans ce domaine, à la hauteur de l’enjeu. Il doit se montrer ferme et se démarquer très clairement de ceux qui, à gauche, dénigrent la police ou font l’apologie de la violence ou de la haine.
PROPOSITIONS : Assurer la sécurité partout, sans renoncer à notre vision humaniste.
Mobiliser tous les acteurs de la sécurité pour mieux assurer la sécurité des Français, en assurant la présence sur le terrain des forces de sécurité qui est très dissuasive.
Redonner aux forces de l’ordre, aux policiers, à la gendarmerie, aux douanes, tous les moyens nécessaires pour agir, en augmentant les moyens humains, matériels et financiers.
Dénoncer, sans exclusive, tous les messages de haine et d’exclusion et se démarquer très clairement de tous les partenaires ayant de tels comportements
PRÉVENTION, LIEN AVEC LA POPULATION
La prévention est une partie essentielle du dispositif de sécurité:
PROPOSITIONS :
Etablir une coopération et une mobilisation renforcée de tous les acteurs des politiques de sécurité avec des moyens à la hauteur des enjeux : les acteurs de l’éducation, de la protection de l’enfance et de la prévention spécialisée, de l’éducation populaire et du social au service de la prévention, les forces de sécurité intérieures (police et gendarmerie) et locales (polices municipales), les parquets et les services du Ministère de la justice.
Assurer un maillage territorial physique des forces de sécurité et donner les moyens et le temps aux forces de l’ordre d’aller au contact de la population ou de répondre aux sollicitations.
Rétablir une police de proximité, en lien avec la police municipale, déployée dans les quartiers à forte délinquance.
Revitaliser les quartiers fortement impactés par la délinquance
Prévenir la dépendance aux addictions, avec un action renforcée dans tous les établissements scolaires ou structures accueillant les jeunes.
Réformer la police municipale pour la rendre plus efficace : refonte de la formation, tenue plus régulière de concours, réflexions liées à la grille indiciaire, politique de fidélisation.
Former les nouvelles générations de policiers pour ressembler et s’adapter à la population, en suivant l’exemple de la mise en place des ilotiers à l’occasion des Jeux Olympiques.
Simplifier le dispositif de dépôts de plaintes, et le suivi des plaintes.
Améliorer de l’accueil du public et accentuer la formation pour permettre de mieux accueillir la parole de la victime.
Développer des plateformes numériques au service des usagers et des victimes
Mettre en place une instance déontologique indépendante, condition d’une confiance renouvelée entre la population et sa police nationale.
Réformer cette institution indispensable: Préciser les missions, les priorités, les modes d’action, mettre en œuvre d’une organisation et d’une politique de ressources humaines moderne, redonner de l’attractivité au métier (par les modalités salariales, les méthodes managériales renouvelées…)
Renforcer le rôle des CLSPD (Conseil local de prévention de la délinquance) qui réunit tous les acteurs impliqués en lui donnant les moyens nécessaires pour accomplir sa mission.
REPRESSION DE LA DÉLINQUANCE ET DU TRAFIC DE STUPEFIANTS
La délinquance, l’incivilité, doivent être combattues sans relâche et faire l’objet de sanctions rapides et proportionnées.
Les trafics de drogue ou d’armes ont pris des proportions inédites, ce qui est l’une des causes de l’augmentation de la délinquance et de la criminalité. Le trafic de drogue en milieu rural se développe. Les services de sécurité ne sont pas prêts à faire face car l’État est complètement déstructuré en la matière. En utilisant les réseaux sociaux pour écouler leur marchandise, les fameux « Uber shit » jouissent d’une certaine forme d’impunité.
PROPOSITIONS :
Renforcer les moyens de la police, de la gendarmerie et des douanes et améliorer leur collaboration, moderniser et uniformiser les pratiques fonctionnelles de l’ensemble de ces corps
Créer un parquet national du narcotrafic qui permettrait de centraliser les enquêtes. Une collaboration internationale est nécessaire afin de pouvoir appréhender les trafiquants à la tête des réseaux.
Donner les moyens de conduire des enquêtes patrimoniales d’envergure et saisir les biens provenant de résultats criminels pour frapper les trafiquants au portefeuille.
Modifier les dispositions du code de procédure pénale en matière de perquisition dans les véhicules afin que les policiers et gendarmes aient le droit de perquisitionner un véhicule comme les douanes.
JUSTICE
Le manque de fermeté de la justice est souvent dénoncé alors que le problème essentiel réside dans les moyens qui lui sont attribué. En moyenne, les personnes sont jugées plus d’un an après les faits. Il y aurait près de deux millions d’affaires en civil et autant en pénal alors qu’il n’y a que quelque 8 400 magistrats. Pour que ça puisse fonctionner, il en faudrait au moins 18 000.
PROPOSITIONS :
Créer 5 000 postes de magistrat sur une législature et veiller à l’équilibre avec les autres missions supports (ex: greffiers pour accompagner les magistrats)
Renforcer les moyens de la Justice qui doit garantir les droits des citoyens pour rendre et exécuter les décisions de justice plus rapidement. Donner des moyens à la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse)
Améliorer les conditions de détention
Limiter la détention aux délinquants dangereux ou nécessitant une surveillance accrue et développer l’assignation à résidence et les travaux d’intérêt collectif
Améliorer le retour à la vie active des détenu-es et des délinquant-es placé-es en résidence surveillée.
NOUVEAUX DEFIS TECHNOLOGIQUES
La vidéoprotection permet de répondre à un souci d’insécurité et rassure la population
Grâce à l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) et aux avancées technologiques, les caméras sont désormais capables de détecter en temps réel aussi bien les intrusions que les comportements suspects et de générer des alertes pour les opérateurs de sécurité.
Cependant, nous devons veiller à optimiser l’utilisation de ces outils pour ne pas tomber dans un contrôle total inefficace et intrusif, d’autant que les réseaux de caméras ne sont pas assez sécurisés et le risque des cyber-attaques existe.
PROPOSITION : Revoir la procédure de fonctionnement des commissions départementales, et rendre obligatoire un comité d’éthique de vidéo protection comprenant : gendarmerie / mairie / citoyen / expert qualifié.
Assurer l’installation de caméras de protection dans les lieux sensibles avec une information de la population ou un référendum local
Interdire la reconnaissance biométrique à distance et en temps réel (les systèmes de vidéoprotection ne sont pas robustes aux cyberattaques ni au discrimination).
Rendre obligatoire un rapport annuel du Comité d’éthique pour que les administrés puissent juger si l’installation est utile ou non.