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Défendre la République jusque dans nos villages

Le 6 août 2025, la commune de Villeneuve-de-Marc, en Isère, a été frappée par un acte d’une violence inouïe. Gilles Dussault, son maire, a été poignardé à plusieurs reprises par un voisin avant que celui-ci ne tente de l’écraser avec son véhicule, finissant sa course contre un mur. Grièvement blessé au thorax et au bras, l’élu a frôlé la mort. L’agresseur, interpellé après deux jours de cavale, a été mis en examen pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique et écroué. Aujourd’hui, l’édile se remet peu à peu, mais le rétablissement s’annonce long.

Cet acte ignoble n’est pas isolé. Les chiffres, derrière leur froideur, disent une réalité préoccupante : en 2024, près de deux mille cinq cents faits de violence ou d’incivilités ont été recensés contre des élus, et depuis 2020, près de trois mille maires ont quitté leur fonction, souvent usés ou brisés par la pression et parfois par les coups. Derrière chaque agression, c’est un visage, une famille, un mandat de proximité qui vacille. Dans nos villages et nos quartiers, le maire incarne la République vivante, celle qui écoute, agit et arbitre. L’attaquer, c’est attaquer ce lien démocratique essentiel.

Ces dernières années, l’État a commencé à réagir. La loi du 21 mars 2024 a renforcé les sanctions pénales contre les auteurs de violences, introduit des circonstances aggravantes pour les menaces et le harcèlement, et rendu automatique la protection fonctionnelle pour les élus agressés. À cela s’ajoutent des dispositifs concrets : le « Pack sécurité » avec assistance psychologique, conseils de sécurisation et boutons d’appel d’urgence en expérimentation, ainsi qu’un centre national de suivi et de lutte contre les atteintes aux élus, chargé d’assurer la coordination entre les forces de l’ordre, la justice et les collectivités.

Pour les socialistes, ces avancées ne peuvent rester des textes sur le papier. Elles doivent se traduire en actions visibles et efficaces, partout sur le territoire. Protéger un maire, c’est agir avant que le pire ne se produise : prévenir les tensions, former les élus à la gestion des conflits, garantir une réponse judiciaire rapide et exemplaire, et renforcer le lien de proximité entre les élus et les forces de sécurité. C’est aussi accompagner durablement les victimes, non seulement pour leur permettre de se relever physiquement, mais pour qu’elles retrouvent la confiance nécessaire à l’exercice de leur mandat.

L’agression de Gilles Dussault sonne comme un avertissement. Si la République ne protège pas celles et ceux qui la représentent au quotidien, elle laisse s’installer une peur qui mine la vie démocratique. La sécurité des élus n’est pas une faveur : elle est une exigence républicaine. Chaque maire doit pouvoir servir sans craindre pour sa vie ou celle de ses proches. C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation immédiate et sans faille pour que la violence politique, qu’elle frappe dans une grande ville ou dans un petit village, ne trouve jamais d’impunité ni de tolérance. Défendre nos maires, c’est défendre la République.

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