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Pour une gouvernance numérique européenne concertée

Le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a récemment annoncé le lancement d’une coalition des volontaires en Europe sur la gouvernance du numérique et détaillé les mesures qu’il prenait pour son pays. L’Europe, la France, doivent comprendre l’enjeu et accompagner cette initiative car la gouvernance numérique est un problème qu’aucun pays ne peut affronter seul.

Certes, l’Union européenne a déjà mis en place des régulations ambitieuses pour responsabiliser les acteurs du numérique et protéger les droits des citoyens européens, en particulier en matière de désinformation et de manipulation de l’information.

Malgré ces avancées, le contrôle des géants du numérique échappe de plus en plus aux régulations européennes comme en témoignent les tentatives de déstabilisation électorale via des plateformes comme X ou TikTok et TikTok est accusé de tolérer des comptes malveillants qui partagent du contenu pédopornographique généré par l’IA .

Les réseaux sociaux sont devenus un État failli, un lieu où les lois sont ignorées et où la criminalité est tolérée, où la désinformation vaut plus que la vérité et où la moitié des utilisateurs sont victimes de discours haineux. Un État failli où les algorithmes faussent le débat public et où nos données et nos images sont piratées et vendues.

Les réseaux sociaux font désormais partie intégrante de nos vies, de  nos réalités. Si nous voulons un pacte démocratique serein et apaisé il faut pouvoir protéger les français et les européens des actes de déstabilisation massive conduite par les empires numériques étrangers. Il faut reprendre le contrôle et veiller à ce que ces plateformes respectent les règles.  Une vigilance accrue s’impose en particulier chez les plus jeunes. 

Face à ces défis, il est urgent de renforcer la souveraineté numérique et l’indépendance technologique de l’Europe. A l’instar de l’Espagne, nous devons :

  • Renforcer les moyens d’enquête et de poursuite des infractions
  • Modifier la législation afin que les dirigeants des plateformes soient légalement responsables des nombreuses infractions commises sur leurs sites Internet.
  • Considérer comme un délit la manipulation algorithmique et l’amplification de contenus illégaux qui crée la désinformation
  • Mettre en place un « indice de la haine et de la polarisation » permettant de suivre, de quantifier la manière dont les plateformes numériques alimentent la haine.
  • Limiter et mieux encadrer  l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans avec des interdictions strictes d’accès à certains contenus.

Nous devons réaffirmer l’importance de l’État de droit et la primauté des régulations européennes dans le domaine numérique. L’Europe ne doit plus être dépendante des technologies étrangères, mais se positionner comme un leader dans les domaines du numérique et renforcer sa compétivité. Il faut d’urgence développer des infrastructures numériques souveraines aussi bien en matière de réseau social, de stockage et de maîtrise de l’exploitation des données, renforcer la recherche et l’innovation en intelligence artificielle et préserver la pluralité des médias.

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