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Analyser et combattre le vote d’extrême droite

Le jeudi 13 mars, la Fédération Socialiste de l’Ariège a organisé un débat en présence de Myriam Correcher, enseignante, qui a réalisé une analyse du vote d’extrême droite. Ce fut l’occasion de décrypter l’idéologie, le programme et le langage de l’extrême droite pour mieux la combattre.

Dans son propos, elle a mis en avant le fait que le vote d’extrême droite se nourrissait d’une crise de légitimité et de représentativité, d’un sentiment d’abandon de la part de citoyen.es qui se sentent incompris.es et dont l’avis est insuffisamment pris en compte. Dans les campagnes, le sentiment d’abandon y est augmenté par l’éloignement, le vieillissement de la population qui entraîne un besoin accru de Services Publics, d’accès à la mobilité, à l’autonomie et par le fait que les partis de gauche, puis de droite, ont semblé se désintéresser de la ruralité au plan national.

Les citoyen.nes ont l’impression de subir des décisions qui ne réduisent pas les inégalités, des lois qu’ils ne comprennent pas et de ne pas être écouté.es quand ils ou elles expriment une idée, dans les urnes ou dans la rue: elle n’est pas reprise, et même, le gouvernement n’hésite pas à passer en force.

Affaires, couacs langagiers, avantage financiers exorbitants de certains, donnent une piètre image des élites. Les élu.es sont souvent associé.es à cette élite car ils et elles semblent former un corps différent de la population, qui ne représente pas la diversité de la société et laisse encore trop peu de place aux femmes.

Enfin, les Réseaux Sociaux et les chaînes d’information constitue une source de désinformation, utilisée par l’extrême droite pour véhiculer des mensonges.

Le RN en pratiquant le populisme, donne l’impression qu’il répond à ces inquiétudes et ces révoltes. Il fait fréquemment référence au peuple, valorise le référendum, séduit par sa stratégie anti-élite.

Pourtant, cette façade en trompe l’oeil est une imposture du RN dont les actes contredisent les discours. Par exemple, le RN dit défendre les petits agriculteurs alors qui a voté contre le plafonnement des aides de la PAC qui leur était favorable, il dit défendre agriculture bio quand il s’abstient pour soutenir la filière bio en période de crise… Dans les villes gérées par le RN, la baisse des impôts s’est accompagnée d’une baisse des Services Publics, de privatisations de Services Publics comme les crèches, ou de vente de biens communaux essentiels.

Au cours du débat, il a été affirmé avec force que la nécessité de dénoncer les dangers de l’extrême droite, devait s’accompagner de propositions fortes pour créer du lien, redonner la parole aux citoyen.nes, réduire les inégalités… La montée du RN n’est pas une fatalité. Elle dépend de notre capacité à écouter, à produire des idées nouvelles pour redonner la confiance de vivre dans une société riche de sa diversité, humaniste et progressiste.

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