Le féminisme a toujours été dans l’histoire du socialisme : Le socialisme a longtemps accompagné un système dans son ouverture à l’égalité entre les femmes et les hommes, en cherchant d’abord à remettre les droits des femmes au niveau de celui des hommes. Il a pansé et compensé, corrigé et réparé, mais il n’a pas rompu. C’était peut-être une étape nécessaire. Mais l’heure n’est plus à l’accompagnement.
Nous, socialistes, sommes porteurs de cette voix en mesure de combattre le sexisme le plus ordinaire sur le terrain, comme de porter des batailles législatives visant l’égalité femmes-hommes à l’Assemblée nationale.
1. Soutenir et amplifier le changement des mentalités et des représentations
- Mener une politique enfin à la hauteur sur les violences infligées aux femmes et aux filles avec un réel budget que le gouvernement n’a pas mis : au moins 2,6 milliards d’euros comme le préconise la Fondation des Femmes.
- Triplement des places dans les centres d’hébergement spécialisés.
- Renforcement du soutien aux associations et amélioration de la prise en charge des victimes.
- Suspension automatique de l’exercice de l’autorité parentale pour le conjoint reconnu coupable de violences intra-familiales.
- Création d’un lieu d’accueil dans chaque département spécialisé ouvert 24h/24.
- Mise en place d’espaces spécifiques prévus dans les commissariats pour écouter les victimes dans un cadre propice ou les mettre à l’abri en cas d’urgence.
- Mise en place de tribunaux spécialisés dans les violences faites aux femmes.
- Rendre imprescriptibles les crimes sexuels sur mineurs.
- Interdire les sites pornographiques aux mineurs.
2. Ancrer ce changement dans la durée pour qu’il soit impossible de revenir en arrière
- Formation, représentation, parité en politique, en entreprise, dans les institutions, et par la fabrique de la loi et des politiques publiques dont l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution.
- Prendre en compte les spécificités territoriales dans la conception des politiques publiques nationales en matière de politique d’égalité entre les femmes et les hommes: 11 millions de femmes vivent dans les territoires ruraux. Leur situation économique est plus précaire : dans les communes très peu denses, l’écart entre le taux de chômage des femmes et celui des hommes est de près de 2 points, contre 0,5 dans les communes denses. Les femmes souffrent d’un déficit de mobilité, accentué par le manque de desserte régulière des transports en commun et d’un manque d’accès aux services publics ou à des solutions de gardes d’enfants. Leur accès à la santé est encore plus difficile qu’ailleurs, notamment en matière de soins gynécologiques, ce qui a pour conséquence un renoncement plus élevé au soin et donc un moindre dépistage des cancers. Enfin, les victimes de violences sont plus isolées, moins informées et moins bien protégées.
3. Achever la convergence des genres, conjuguer féminisme et progrès social pour vivre mieux
- Redonner sa valeur au travail, et en particulier au travail des femmes, et donc aux métiers essentiels où elles sont majoritaires. La revalorisation du SMIC que nous demandons bénéficiera pour 2/3 aux femmes.
- Revoir les parcours de santé et améliorer l’offre de soins. Le poids de la charge familiale, les violences sexuelles et conjugales, l’exposition au harcèlement au travail et au burn-out, plus élevé chez les femmes, constituent autant de facteurs de vulnérabilité générateurs de troubles psychiques.
- Permettre un congé de cinq jours en cas d’avortement ou de fausse couche.
- Accompagner les projets de vie, comme le congé parental égal et obligatoire de 9 semaines minimum pour les deux parents.
- Mettre en place pour une fiscalité plus juste entre les femmes et les hommes, pour une réforme des droits sociaux et une protection des familles monoparentales.
4. Pour une Europe et une diplomatie féministe
- Acter la criminalisation du viol fondé sur l’absence de consentement afin qu’elle rejoigne la liste des eurocrimes et dénoncer plus fortement le recours au viol dans les conflits armés comme crime de guerre et crime contre l’humanité.
- Augmenter les contributions financières de la France aux instances multilatérales de promotion des droits des femmes.
- Réaffirmer le soutien de la France à la Convention des Nations Unies pour l’élimination des discriminations à l’égard des femmes et son appel à la ratification par tous les États de la Convention d’Istanbul.
- Ancrer l’IVG dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne.
- Définir une diplomatie française féministe précise et dotée d’une doctrine claire.
- Renforcer la présence des femmes dans les négociations climatiques en faisant la promotion de programmes de formation destinés aux femmes, et imposer un quota de 50 % de femmes négociatrices dans les COP climatiques.