Le Parlement européen a adopté le règlement « Retour ». Sous une apparence de gestion administrative, ce texte acte un durcissement inédit des politiques migratoires européennes, porté par la droite et l’extrême droite, avec le soutien d’une partie du centre.
Il marque une nouvelle étape dans une logique de criminalisation des personnes en situation irrégulière. Allongement des possibilités de rétention jusqu’à 2 ans et demi sans condamnation pénale, création de bagnes nouvelle génération : expulsions de migrants vers des pays tiers, renforcement des mécanismes de surveillance : c’est une vision de l’immigration fondée sur l’éloignement, l’enfermement et la suspicion généralisée qui s’installe.
Ce choix politique ne répond ni aux causes des migrations, ni aux défis d’accueil, ni aux enjeux d’intégration. Il installe l’idée que, par nature, les personnes en situation irrégulière méritent d’être traitées comme des criminels.
Nous refusons cette fuite en avant. Nous refusons que l’Europe fasse de ses frontières un espace d’exception permanente. Une autre politique migratoire est possible : fondée sur le droit, la dignité humaine et la solidarité.
La chasse aux migrants ne peut pas devenir l’horizon politique de l’Europe.