Alors que la crise du logement frappe durement les classes moyennes, les jeunes actifs, les étudiants et de nombreux ménages modestes, certains envisagent de mettre fin à l’encadrement des loyers en novembre 2026. Ce serait une erreur majeure.
À six mois de la fin théorique de l’expérimentation en cours d’encadrement des loyers privés, le Parti socialiste redit son attachement à ce dispositif de régulation du marché immobilier, initié par la loi Alur de 2014 puis repris par la loi Elan de 2019. Il appelle l’exécutif à sauver ce bouclier pour le pouvoir d’achat et le droit au logement.
Le logement occupe une place croissante dans le budget des ménages, absorbant aujourd’hui près de 30% de leurs revenus en moyenne.
Or de l’avis même du rapport d’évaluation remis par Guillaume Chapelle et Gabrielle Fack au ministre du logement, l’encadrement des loyers permet un gain annuel moyen direct de 500 à 800 euros par foyer au bénéfice des locataires et une modération des prix d’environ 5% dans les zones observées. Son effet redistributif est reconnu, en particulier là où les locataires du parc privé sont modestes.
Mettre fin à l’encadrement des loyers reviendrait mécaniquement à autoriser une hausse des loyers dans les territoires qui l’appliquent aujourd’hui. Dans le contexte actuel, ce choix serait incompréhensible pour des millions de locataires.
Sans méconnaître les améliorations possibles du dispositif, en grande partie déjà identifiées par les parlementaires et les collectivités locales mobilisés, son abandon dès novembre 2026 aurait pour conséquence immédiate une hausse brutale des loyers à la relocation, dans un contexte social déjà difficile.
Et il ne changerait rien à la pénurie de logements abordables dans notre pays. Car aucune étude ne démontre que l’encadrement des loyers affecte directement à la baisse l’offre de logements.
Le déficit d’offre dont souffrent les Français est le bilan accablant des gouvernements d’Emmanuel Macron. L’inexistence d’une réelle politique du logement et l’absence d’un soutien public fort à la construction privée et sociale ces dernières années n’ont fait qu’aggraver la pénurie. Supprimer l’encadrement des loyers ne ferait que déplacer le débat sans répondre à la racine du problème : le manque de logements abordables.
Pour assurer la bonne application de l’encadrement des loyers, nous continuons de défendre un renforcement des moyens d’information, de contrôle et de sanction, en particulier des services préfectoraux. Pérenniser l’encadrement des loyers ne signifie pas le figer : cela implique au contraire de le rendre plus lisible, plus juste et plus efficace.
À quelques mois de l’élection présidentielle, mettre fin brutalement à une expérimentation soutenue par les collectivités, les associations et de nombreux citoyens serait une faute politique majeure, incompréhensible en pleine crise du logement et du pouvoir d’achat.
La France manque de logements. Face à la crise du logement, l’urgence est de construire davantage, de rénover plus vite et de protéger les locataires. L’encadrement des loyers participe de cet équilibre. Le supprimer aujourd’hui serait un contresens économique, social et territorial. Parce que nous avons besoin de plus de logements et de plus de justice, pas de moins de protections.